Le Charançon

Pour sauver l’extraordinaire patrimoine palmier et éviter un accident dramatique



Depuis 2007, à cause du charançon rouge des palmiers, on assiste impuissant à la disparition progressive de l’emblématique patrimoine palmier des villes de la côte méditerranéenne. A l’hécatombe de palmiers qui constituent d’irremplaçables monuments vivants, s’ajoute un risque croissant de chutes imprévisibles et dramatiques de palmiers infestés.

Or, depuis mars 2014, la solution qui est actuellement considérée par l’INRA, la FREDON (organisme chargé par l’Etat de la lutte contre les organismes nuisibles) et FNE (Fédération des associations écologistes) comme la seule qui soit applicable à grande échelle pour sauver les palmiers, a été autorisée par le Ministère de l’Agriculture.

Malheureusement, la mise en œuvre de cette solution est bloquée suite à la manœuvre d’appropriation par la multinationale Syngenta de la technique mise au point par l’INRA. Cette technique repose sur l’emploi d’un insecticide détenu par la multinationale.

Syngenta au lieu de mettre cet insecticide sur le marché, conformément à l’autorisation de mise en vente et à l’arrêté de lutte obligatoire prise par le Ministère de l’agriculture, en a strictement limité l’utilisation à une vingtaine d’applicateurs auxquels elle sous-traite par contrat les traitements aux tarifs fixés par elle-même.

Syngenta a imposé un monopole sur les traitements, totalement injustifié d’un point technique et réglementaire ainsi que discriminatoire vis-à-vis de la profession. Fort de ce monopole, la multinationale a également fixé des tarifs de traitements exorbitants, en grande partie parce qu’elle accapare 80% du montant facturé aux propriétaires de palmiers, alors qu’elle ne réalise pas elle-même les traitements ! Résultat, seuls les propriétaires les plus fortunés peuvent envisager d’y recourir

En conséquence, ce monopole conduit à une lutte marginale et dispersée (dans l’espace et dans le temps) dont tout le monde s’accorde à reconnaître la totale inefficacité pour contrôler le ravageur. Ce contrôle n’a de chance de réussir que si la lutte est organisée de manière collective dans le cadre d’une collaboration étroite entre les FREDON, les municipalités, les associations et les organisations professionnelles.

Il est de la plus grande urgence que le Ministère intervienne pour mettre fin au monopole de Syngenta sur les traitements afin que tous les professionnels certifiés puissent pratiquer les traitements dans les conditions de lutte collective fixées par la DGAL. C’est à cette seule condition que pourra être enfin mise en œuvre l’unique solution réaliste qui permette encore de sauver les palmiers, de préserver ainsi un patrimoine emblématique de nombreuses villes du Sud et d’éviter un accident grave.


Une comparaison contre le charançon rouge collective organisée par la Méditerranée, dans le but de renforcer la recherche contre le célèbre tueur de palme, sera organisée le vendredi 26 juin 2015  à Hyères sur la Côte d'Azur Français. L'événement sera également assisté par les conseillers et administrateurs de la province d 'IMPERIA et protection de paume plusieurs associations environnementales

Communiqué du Collectif Méditerranéen de Sauvegarde des Palmiers :


Monopole Syngenta aux conséquences catastrophiques pour le patrimoine palmier.




Justification fallacieuse de la multinationale et passivité inexcusable du Ministère.
L’article du Canard enchaîné du 9/9/15 présente clairement les conséquences catastrophiques du monopole que la firme a imposé sur les traitements à base de Revive.
Personne n’est par ailleurs dupe du seul argument invoqué par M. Lavaud de Syngenta pour justifier ce monopole: réserver aux seuls sous-traitants de Syngenta le droit d’appliquer le Revive n’améliore en rien la sécurité contrairement à ce que prétend M. Lavaud. Les sous-traitants de Syngenta ne sont aucunement en mesure d’assurer une meilleure sécurité sur les traitements que n’importe quel professionnel applicateur agréé qui bénéficierait d’une formation complémentaire et obligatoire sur l’utilisation de cette technique. En effet, la formation qui est donnée aux sous-traitants de Syngenta, comme le reconnaît la firme elle-même, se résume à l’apprentissage de l’usage d’un pistolet Syngenta, pistolet qui est par ailleurs tout à fait inadapté à la technique d’injection mise au point par l’INRA. L’INRA et la FREDON ont proposé au
Ministère en avril 2014 de donner à l’ensemble des professionnels applicateurs une formation autrement plus sérieuse.
A noter que le monopole de Syngenta crée une discrimination injustifiable vis-à-vis de l’ensemble de la profession. Cette discrimination est également lourde de conséquences car elle limite à une vingtaine le nombre d’applicateurs alors que, pour que le recours de cette technique soit vraiment utile, il faudrait que tous les applicateurs puissent être mobilisés afin d’engager massivement et rapidement une première campagne de traitement. Le problème le plus grave
posé par le monopole de Syngenta est qu’il constitue un obstacle majeur à la mise en route de cette première campagne et de la stratégie collective qui permettraient de sauver les palmiers.
L’INRA, la FREDON, FNE et bien d’autres partagent ce jugement.
Donc le seul argument invoqué par Syngenta pour justifier ce monopole tombe à plat. La justification réelle de Syngenta, clairement mise en évidence par le Canard enchaîné, est, pour la firme, d’engranger une marge bénéficiaire très importante sur le prix des traitements (de l’ordre de 80%), alors que l’intervention de la firme se réduit à la fourniture du Revive et d’un pistolet
qui devrait être substitué en urgence par des modèles beaucoup mieux adaptés et disponibles sur le marché. Le seul retrait du monopole de Syngenta entraînerait une baisse des tarifs de 80%, sans compter celle à attendre de la mise en concurrence des applicateurs et surtout de l’organisation de chantiers groupés dans le temps et dans l’espace.
Espérons que, suite au mouvement de protestation qui s’amplifie et qui se médiatise, Syngenta réalise rapidement qu’au  lieu de viser d’importants bénéfices sur un chiffre d’affaire absolument ridicule pour une multinationale de cette importance, la firme a tout intérêt en terme d’image mais également financièrement (des millions de palmiers à traiter dans l’ensemble du bassin
méditerranéen) à mettre en vente le Revive.
Concernant le Ministère, l’article du Canard met également bien en évidence un malentendu sérieux sur l’objet de notre protestation. M. Tridon justifie l’impuissance du Ministère en disant que son administration ne peut pas forcer les gens à choisir une « stratégie » plutôt qu’une autre (le mot « stratégie » est inadapté car il s’agit en fait de choisir entre trois techniques dans le cadre
d’une seule stratégie d’éradication). Au niveau de la DRAAF PACA, un argument voisin a été avancé : le Ministère ne peut pas intervenir sur les prix. Ces deux réponses ne correspondent absolument pas à la demande présentée par le Collectif. Nous n’avons jamais demandé ni que le Ministère impose que seule reste la technique d’injection sur les trois actuellement autorisées et
obligatoires ni qu’il contraigne Syngenta à fixer d’autres tarifs de traitement. Nous demandons tout simplement qu’il intervienne pour mettre fin au monopole de Syngenta sur les traitements des palmiers par injection, car ce monopole est injustifié du point de vue réglementaire et technique et qu’il a des conséquences catastrophiques dans la bataille pour sauver les palmiers.
Le Ministère est d’autant plus en droit et en mesure d’exiger la fin de ce monopole que le CRP est un ravageur de lutte obligatoire, lutte dont le Ministère fixe les conditions.
Le Collectif va donc reprendre en urgence contact avec le Ministère pour lever ce malentendu très pernicieux.
Le Collectif Méditerranéen pour la Sauvegarde des Palmiers (CMSP)
Le 12/09/15